Chronique du coach Léonard HOUNZA
CHANGEZ VOS MOTS
« Nous ne pensons pas en mots ni en phrases. Nous pensons en images, en représentations. Les mots sont le matériel brut de la pensée. Instrument merveilleux, le cerveau transforme automatiquement les mots écrits ou parlés en images mentales. »
D. Schwartz
Nous parlons, nous entendons dans l’exercice de nos activités quotidiennes. Un nombre important de mots s’échappent de notre bouche et parfois nous n’avons pas conscience des traces d’images laissées dans notre cerveau ou subconscient. Les versets bibliques mentionnent : « Et le verbe s’est fait chair ». Autant nos compétences verbales nous permettent de construire des stratégies pour faire face à des difficultés diverses de la vie, autant l’abus de certains mots ou locutions crée des limites et des règles qui finissent par nous assujettir, voire maintenir dans des cercles vicieux de pauvreté et de souffrances diverses puisque le cerveau ne fait pas de distinction entre les bonnes ou mauvaises pensées.
S’il nous était demandé de quantifier en pourcentage le nombre de mots ou expressions lexicales qui traduisent des pensées négatives ou positives que nous émettons sur nous-mêmes ou sur les autres en une journée, le résultat serait comment ? Sommes-nous conscients des nombreux « mots-poisons » présents dans nos paroles au quotidien ? Comment te vois-tu ? Comment vois-tu les autres ? Que penses-tu de toi-même ou des autres ? Bon ou mauvais ? Et si le taux de négativité est plus élevé, la première personne qui est empoisonnée, c’est alors toi puisque les mots-poisons traduisent une perception limitée et limitante de la réalité, aux conséquences sur nos états émotionnels et nos relations avec les autres. Comme l’indique le Dr Andrew Newberg : « Le langage façonne notre comportement et chaque mot que nous utilisons est imprégné d’une multitude de significations personnelles. »
À chaque mot est associée une image mentale. Quand je dis « je suis malade », cela produit l’image de quelqu’un qui est au lit. « Ça ne va pas » donne l’image de quelqu’un souffrant. « Le pays est dur » entraîne l’image des obstacles et de l’impossibilité d’agir. « Échec » fait voir la douleur et la tristesse. « Mauvais, vilain, horrible, décevant » suscitent des images repoussantes. « Ça ne marchera pas » évoque un monstre effrayant. « Ma vie est foutue », « je suis incapable », « je ne peux pas me permettre d’acheter ou payer ça » traduisent des images de défaitisme, de résignation et de procrastination. « Les mots et les tournures de phrases créent même des réactions sémantiques qui affectent notre système neurologique et nos émotions ».
Ce fait est habilement utilisé par des industries cinématographiques et les professionnels des médias qui ne cessent de nous bombarder d’images ou clichés de guerres, d’attentats, de scènes horribles de massacre pour créer en nous des sentiments de tristesse et de peur. Certains feuilletons jouent le même rôle. Toutes ces images peignent en nous un tableau sombre de notre vie.
Nous devons donc faire extrêmement attention à ce qui sort de nous comme à ce qui entre. Les nombreux échecs et défaites dans la vie sont pour la plupart dus aux mots que nous employons. S’ils sont négatifs, les images mentales qu’ils produisent contrôleront nos actions, puisque notre esprit agit comme une station émettrice d’ondes vibratoires. D’où la nécessité de prendre véritablement le contrôle de son esprit pour décider de sa direction.
REMPLACER CERTAINS MOTS DANS SA COMMUNICATION
« Chacun de nous a le pouvoir de se changer soi-même »
Il est important de changer notre vocabulaire puisque c’est notre attitude qui fait notre altitude. Ainsi, au lieu de « je ne peux pas » ou « je ne dois pas », disons « j’ai choisi de… » ou « j’ai décidé de… ». Au lieu de « jamais », disons « presque jamais ». Au lieu de « toujours », « tout le monde », « personne », « aucun », « vrai/faux », préférons « souvent », « la plupart du temps », « peu », « rarement », « possible », « souhaitable ».
Il faut aussi se méfier de l’usage du verbe « être ». En tant qu’auxiliaire, il est incontournable. Mais lorsqu’il désigne un état ou une qualité, il fige la personne dans cette condition. Par exemple : « je suis déprimé » (comme si c’était permanent) est très différent de « je traverse un passage dépressif ». De même, au lieu de « je suis pauvre », il vaut mieux dire « je traverse des difficultés pécuniaires ».
Bref, au-delà des mots-poisons, chacun doit identifier les mots qui ont pour lui une « puissance d’évocation », c’est-à-dire qui déclenchent une charge émotionnelle forte, et apprendre à s’en détacher. Changeons consciemment notre vocabulaire pour transformer notre manière de penser et nos émotions.
Léonard HOUNZA
Expert Coach Formateur en Reconversion professionnelle
Cabinet Cfec Afrique
Cotonou, le 15/09/2025
