Chronique du coach Léonard HOUNZA
LE DÉSIR DE GAGNER OU LE DÉSIR DE PARTICIPER ?
« Tu es né pour un petit pain », « il ne faut pas vouloir plus », « on est bien avec ce qu’on a », « il faut être là pour participer »… Autant de phrases qui ont façonné notre mentalité sans que nous en ayons conscience.
Agissons-nous réellement par nous-mêmes — en toute autonomie — ou fonctionnons-nous en pilotage automatique ? Nos difficultés à l’âge adulte ne sont souvent que les fruits de croyances et de certitudes héritées, profondément ancrées. La transformation commence par une prise de conscience de soi, une reconnexion à l’ensemble de notre être intérieur.
Beaucoup d’entre nous ne décident pas vraiment : ils sont dirigés, influencés, menés, parfois même freinés. Les messages reçus dans l’enfance — de la part des parents, enseignants, proches et même des médias — continuent d’orienter nos comportements aujourd’hui. Nous avons entendu des paroles comme : « Tu es né pour un petit pain », « ne dérange pas », « contente-toi de ce que tu as », « l’humilité avant tout », « l’essentiel est de participer ». Ces phrases ont créé des plafonds invisibles qui limitent nos ambitions.
Dans la vie professionnelle, beaucoup se lèvent chaque matin, affrontent les embouteillages, travaillent, rentrent, mangent, dorment… puis recommencent. Un cycle qui permet certes de payer les factures et de prendre soin de la famille, mais qui laisse en suspens une question essentielle : où se trouve le désir de richesse, de dépassement, de grandeur ?
Prenons un exemple : lors d’un examen, vas-tu avec l’intention d’être premier ou simplement pour participer ? Mon expérience d’enseignant a révélé une réalité frappante : la majorité des candidats se retrouvent dans la catégorie « passable », tandis qu’une petite minorité atteint l’excellence. Cela montre que beaucoup se contentent d’être dans la moyenne, sans réelle envie de briller.
Dans le sport, les athlètes déclarent souvent être heureux de participer ou de représenter leur pays. Mais l’intensité du désir de gagner — d’être premier — est parfois faible. La mentalité du peu, la mentalité du contentement.
En affaires, plusieurs personnes se félicitent d’un revenu qui couvre confortablement leurs besoins, de quelques biens matériels et d’une reconnaissance sociale. Elles pensent avoir « réussi ». Pourtant, devenir millionnaire ou bâtir un empire nécessiterait un désir beaucoup plus fort, une vision plus audacieuse. Et comme je le dis souvent : « Tu n’es pas là pour être dans la moyenne. »
Dans notre communauté, une expression revient souvent : « As-tu fait un peu ? » Cette petite phrase traduit et entretient une mentalité du minimum. Elle encourage la survie plutôt que l’abondance.
Il est temps de changer cela. Il est temps de bousculer nos croyances limitantes, de revoir nos paradigmes, de bâtir de nouveaux repères. Cultivons la conscience de l’abondance, la volonté de croître, l’envie de viser plus grand.
Le désir de gagner n’est pas de l’orgueil : c’est la reconnaissance de notre potentiel. Le désir de participer est respectable, mais il doit laisser place à une ambition assumée. Tu mérites plus que la moyenne. Tu peux aller plus loin que ce que l’on t’a fait croire.
Léonard HOUNZA
Expert Coach Formateur en Reconversion professionnelle
Cabinet Cfec Afrique
Chronique — 2025
